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Des intérêts agronomiques

Aujourd’hui, l’agroforesterie en France ne représente que 1000 ha auxquels il faut associer les 15 000 ha d’agroforesterie traditionnelle à base de noyers, oliviers et peupliers et les 170 000 ha de prés – vergers.
A titre de comparaison, en Espagne et au Portugal, cette pratique concerne plus de 4 millions d’hectares.

Depuis une vingtaine d’année, des expériences sont menées par l’INRA de Montpellier afin de mesurer les paramètres de ce système de culture. Ainsi, nous sommes en mesure aujourd’hui de quantifier la productivité des parcelles agroforestières et de les comparer aux systèmes de production traditionnels.

Productivité des parcelles agroforestières

La productivité des parcelles agroforestières est calculée grâce une grandeur appelée SEA (Surface Equivalente de l’Association) qui correspond à la surface nécessaire, en séparant arbres et cultures, pour obtenir la même production qu’un hectare agroforestier.

Sur les parcelles expérimentales de l’INRA de Montpellier, les chercheurs ont pu mesurer des SEA comprises entre 1,2 et 1,6 : c’est à dire que 100 ha en agroforesterie produisent autant de produit agricole et de bois qu’une exploitation de 120 à 160 ha en assolement agriculture-forêt.

Une autre grandeur est également significative, il s’agit de la SEEA (Surface Economique Equivalente de l’Agroforesterie). Elle correspond à la surface nécessaire, avec l’assolement agriculture-forêt, pour gagner autant d’argent qu’avec un hectare d’agroforesterie.

Exemple :

  • Vénézobres dans le Gard

Ainsi, pour une association peupliers-céréales sur un sol sableux profond avec une nappe alluviale accessible aux arbres, la SEA a été évaluée à 1,3 et la SEEA à 2,45. Dans ce cas là, un hectare agroforestier procure un revenu équivalent à 0,58 ha de culture et 1,87 ha de peupleraie.

  • Restinclières dans l’Hérault

Pour une association noyer hybride-céréales sur un sol limoneux profond avec une nappe accessible aux arbres, la SEA pour cette parcelle a été évaluée à 1,6 et la SEEA à 1,76. Dans ce cas, 1 ha agroforestier procure un revenu équivalent à celui de 0,59 ha de culture et 1,17 ha de noyeraie.

Bénéfices apportés par la cohabitation arbres-cultures

L’observation des parcelles agroforestières amène à plusieurs constatations, difficilement quantifiables, par rapport aux plantations forestières et agricoles.

  • Rapidité de croissance des arbres

Il a pu être observé que la reprise des arbres est facilitée en présence de cultures : lors des premières années, les arbres agroforestiers poussent plus vite en présence de cultures intercalaires. Ceci a été constaté de manière spectaculaire chez les espèces à croissance initiale rapide. Par contre ça n’a pas été le cas chez les arbres à croissance lente.
De plus, l’arbre agroforestier pousse plus vite et plus régulièrement que l’arbre forestier : les soins apportés aux cultures (désherbage, fertilisation) lui sont bénéfiques indirectement.

  • Rendements des cultures

La présence d’arbres dans les champs amène irrémédiablement la question de l’impact de l’ombre portée par les arbres sur les rendements des cultures.
Pour des densités d’arbres de 50 arbres/ha, les modèles de simulations montrent que les cultures peuvent être maintenues jusqu’à la récolte des arbres.

  • Arbres, cultures et ressources disponibles

La meilleure association en agroforesterie est de planter des arbres dans des parcelles dédiées aux cultures d’hiver. En effet, la présence des cultures d’hiver force les arbres à développer leurs racines en profondeur, le premier horizon étant occupé par celles des cultures agricoles.
Les arbres agroforestiers ont donc des enracinements plus profonds que les forestiers, ce qui a pour conséquence une exploitation plus complète de la ressource en eau et n’entraîne pas de pas de compétitivité avec les cultures qui exploitent, elles, le premier horizon du sol.
De plus, les arbres captent les résidus d’azote non absorbés par les cultures qui s’infiltrent dans le sol. Cela a un double effet au niveau de la parcelle : tout d’abord cela limite la pollution due aux nitrates et apporte un bénéfice azoté pour l’arbre.

  • Arbres et structure du sol

D’après les observations faites sur les parcelles agroforestières, les arbres contribuent à l’enrichissement du sol en matières organiques, notamment par l’apport de la litière des feuilles et par la décomposition des fines racines annuelles. De plus, les feuilles et les racines en décomposition stimulent le développement de populations de champignons symbiotiques non spécifiques et favorisent l’installation des lombrics qui participent activement à l’amélioration de la structure du sol.

  • Agroforesterie et Services Ecologiques

La présence d’arbres et de bandes enherbées non cultivées favorisent la venue de la biodiversité utile. Celle-ci regroupe les prédateurs naturels des ravageurs de culture, les pollinisateurs, essentiels à la reproduction de nombreuses plantes mais aussi les détritivores et les organismes qui participent à la dégradation de la matière organique et le recyclage des nutriments.
Cet équilibre naturel, progressivement mis en place, est un véritable facteur de production qui participera à la bonne santé de la production agricole.


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